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La restauration genevoise du 31 décembre 1813

31 DECEMBRE 1813 : RESTAURATION DE LA REPUBLIQUE DE GENEVE

En 1798, Genève est annexée par le Directoire. La ville devient le chef-lieu du Département du Léman. Pendant 14 ans et huit mois Genève subira une « francisation » très superficielle des institutions et ne touchera que peu les consciences des Genevois qui restèrent attachés à leur passé et à la liberté dont ils avaient joui depuis le XVI eme siècle.

Les derniers avatars des armées napoléoniennes en Russie, puis en Allemagne (bataille de Leipzig à mi-octobre 1813) constituaient une situation nouvelle dont les Genevois devaient tenir compte, autant que de la volonté du général autrichien Bubna. Ce dernier, en effet, voulait conquérir les deux positions-clés du Plateau suisse Bâle et Genève et acquérir ainsi une base d’attaque contre la France en direction de Lyon.

Pendant les années d’annexion par la France napoléonienne, quelques Genevois s’étaient préparés à agir pour rétablir la liberté et la « résurrection » de la République.
Le 24 décembre 1813 des anciens syndics et conseillers, à l’instigation de Joseph des Arts, forment une « Commission de Gouvernement » secrète.
Le 27 décembre le Général Bubna arrive à Lausanne.
Le 30 décembre la garnison française quitte la ville sans combattre et les armées alliées occupent la Ville. La « commission de Gouvernement » s’érige en un gouvernement provisoire, constitué par cooptation.
Le 31 décembre les syndics et le gouvernement provisoire font afficher une proclamation qui annonce la Restauration de la Ville et République de Genève dans son indépendance. Elle sera lue dans les rues et sur les places le 1erjanvier 1814.
Ces patriotes ont fait preuve d’une intelligence politique et d’un courage certain. Après avoir envoyé une délégation à Lausanne auprès du Général Bubna, ils ont entrepris des démarches auprès du Général Jordy, commandant français de la place de Genève. Ces actions avaient pour but d’éviter un siège redoutable et meurtrier.
Ils rassemblent également la « garde nationale », pour empêcher tout désordre dans la ville après le départ des troupes françaises.

Cette politique d’une minorité agissante fut approuvée passivement par la grande masse de la population, qui, il faut le rappeler, n’avait pas été consultée et resta donc apathique et méfiante.
La situation en Europe restant confuse, l’inquiétude gagna les esprits, lorsqu’en février, une contre-offensive française permit aux troupes impériales de s’installer à Carouge. Ces dernières évacuèrent la cité sarde le 22 mars.
Il faudra attendre l’abdication de Napoléon le 6 avril 1814 pour que la joie de l’indépendance retrouvée gagne toute la population genevoise.
Cette dernière put alors, par voie de pétition, exprimer à la Diète helvétique le vœu de la ville « de lui être unie par des liens plus forts que ceux qui nous y attachaient autrefois ».
Mais il faudra attendre le 19 mai 1815 pour que Genève devienne officiellement un canton suisse.


Pierre Ronget
               



Sources :
Louis Binz et Alfred Berchtold, Genève et les Suisses, Genève, 1991
Histoire de Genève, publiée sous la direction de Paul Guichonnet, Lausanne, Payot, 1986
Christian Vellas, Histoire de Genève racontée par le professeur Chronos, Genève, Slatkine, 2008
Un événement historique, discours du professeur Alfred Dufour, FAO du 9 janvier 2004

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