La guerre de tranchée qui oppose Ville et Canton en matière de logement a connu un nouvel épisode la semaine dernière, mon collègue Pagani refusant une fois de plus que des immeubles appartenant à l’Etat soient surélevés.
Peur d’une trop grande densification du centre ville, que les loyers n’augmentent… les arguments sont connus.
N’empêche que dans le cas précis, l’ajout de deux étages supplémentaires aurait débouché sur la création de 82 nouveaux logements. Ce qui, vu le taux de vacance à Genève, n’est pas négligeable.
Autre argument choc que la gauche aime à ressortir : les surélévations d’immeubles débouchent souvent sur la création de PPE. Ciel, des propriétaires ! Il oublie que ces derniers, en accédant à la propriété, libéreront des logements en location.
La Suisse détient la palme du plus bas taux de propriétaires de tous les pays de l’OCDE. C’est encore pire à Genève, puisque qu’à peine 14% de la population est propriétaire de son logement.
Laisser les immeubles s’élever de quelques mètres permettra de garder un centre-ville vivant, en créant des logements là où ils sont nécessaires. Et tant mieux si cela incite à devenir propriétaire. Cela évitera que nos contribuables partent acheter ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas en Ville et contribuera à une nécessaire mixité du type de logements.
Pierre Maudet
Conseiller administratif, ville de Genève

